"Au Monopoly tout le monde commence à égalité. Puis, peu à peu, des déséquilibres s’introduisent. Si la banque décidait de faire payer la monnaie, avec taux d’intérêt, les déséquilibres s’accroîtraient encore plus vite, parce que, mathématiquement, l’intérêt évolue de façon exponentielle. Aujourd’hui, 95 % de la monnaie mondiale est payante. En moyenne, quand vous achetez un objet, le cumul des intérêts constitue 50% de son prix. Cette architecture fait que la moindre inégalité s’amplifie très vite : plus vous êtes riche, plus vous avez tendance à vous enrichir, plus vous êtes pauvre, plus vous avez tendance à vous appauvrir. Il y a un phénomène d’auto-attraction de la monnaie, quasiment comme la matière dans le cosmos. On parle de « loi de condensation », avec des boucles en feedback positif ou négatif."
“Open Money : bientôt chacun créera sa propre monnaie”, entretien avec Jean-François Noubel, revue Nouvelles Clés

Très intéressant entretien avec un promoteur de l’Open Money comme systême de création monétaire. Le passage ci-dessus montre assez bien comment l’architecture intrinsèque du capitalisme libéral exerce inévitablement une pression ingérable pour un grand nombre de ses acteurs, et finit par se cannibaliser lorsqu’il a atteint ses limites physiques.



[via ” “Open Money”, la monnaie du futur ? “ , sur Eco(dé)mystificateur]