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Au début, nous travaillions dans l’illusion qu’il suffirait de réformer le systême existant - des changements à l’intérieur du “modèle socialiste” . Mais l’opposition en provenance du Parti Communiste et de la bureaucratie gouvernementale était trop forte. Vers la fin de l’année 1986, il devint évident pour mes soutiens et moi-même qu’il fallait rien moins que le remplacement des fondations du systême.

Nous avons opté pour des élections libres, le pluralisme politique, la liberté religieuse, et une économie de compétition et de propriété privée. Nous avons cherché à effectuer ces changements par une voie évolutionnaire et sans bain de sang. Nous avons fait des erreurs. D’importantes décisions furent prises trop tard, et nous fûmes incapables de terminer notre perestroika.

[…]

A l’Ouest, l’éclatement de l’Union Soviétique fut considéré comme une victoire complète, qui prouvait que l’Ouest n’avait pas besoin de changer. Les dirigeants occidentaux étaient persuadés qu’ils étaient à la barre du bon systême et d’un modèle économique presque parfait dans son fonctionnement. Le “Consensus de Washington” , soit les dogmes des marchés libres, de la dérégulation et des budgets à l’équilibre, fut imposé au reste du monde.

Mais alors vint la crise économique de 2008 et 2009, et il devint clair que le nouveau modèle Occidental était une illusion qui bénéficiait principalement aux très riches. Les statistiques montrent que les pauvres et les classes moyennes ne tirèrent peu ou pas de bénéfices de la croissance économique des dernières décennies.

La crise globale actuelle démontre que les dirigeants des grandes puissances, particulièrement les Etats-Unis, n’ont pas vu les signaux appelant à une perestroika. Le résultat en est une crise qui n’est pas que financière et économique. Elle est également politique.

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“We Had Our Perestroika. It’s High Time for Yours.” ,
Mikhail Gorbatchev dans The Washington Post, 7 juin 2009

[Mise à jour : traduction intégrale sur Contre-Info]

Dans cette longue tribune, l’acteur principal de l’explosion du systême communiste soviétique compare sans aménité la situation de l’URSS dans les années 80 et la situation mondiale actuelle, pour appeler à une perestroika des régimes occidentaux. Je vous en livre la conclusion, qui pointe avec une grande acuité l’aveuglement total (et éminemment psychologique) des élites :

“Aussi différents que soient les problèmes auxquels l’Union Soviétique fut confrontée durant notre perestroika et les défis attendant aujourd’hui les Etats-Unis, le besoin de nouvelles idées rapproche ces deux périodes. En notre temps, nous faisions face aux tâches principales qu’étaient la fin de la division du monde, la réduction de la course aux armements nucléaires et le désamorçage des conflits. Nous pourrons aussi bien faire face aux nouveaux défis globaux, mais seulement si tout le monde comprend le besoin de changements réels et cardinaux - pour une perestroika globale”


On pourra également lire avec intérêt, au sujet de cette tribune du 7 juin, l’article de Dedefensa “Echo du passé recommencé” , qui s’attarde plus particulièrement sur la perestroika telle qu’elle est considérée par Gorbatchev, et sur le fait que ce dernier attribue étonnamment (et de manière erronée) un rôle excessivement mineur à la glasnost qui l’avait pourtant précédée.