A l’occasion du procès de Cécile Brossard pour le meurtre du banquier suisse Edouard Stern en 2004, on assiste depuis une semaine à une véritable débauche de sensationnalisme et d’exhibitionnisme journalistiques dans les médias francophones.

Pascale Robert-Diard, correspondante judiciaire au journal Le Monde, vient heureusement à la rescousse des lecteurs en publiant sur son excellent blog une série de cinq billets à propos de cette affaire fort médiatique. C’est un point de vue plus intimiste, mais paradoxalement plein de pudeur et de respect pour les protagonistes que la journaliste nous offre, et je vous invite à les lire si jamais vous vous étiez intéressé à ce fait médiatique : “Lever de rideau” ; “L’éternel mari” ; “Le “double meurtre” du banquier” ; “Cécile Brossard, la proie” et “Reconstitution du crime” .

En voici un extrait, à propos des témoignages (louangeurs au possible) des amis banquiers d’Edouard Stern :

“Mais, comment dire? De tous ces hommages univoques, sincèrement exprimés par des amis soucieux autant de défendre la mémoire d’un homme que de témoigner leur affection à son ex épouse, Béatrice Stern ou à sa fille Mathilde - présentes par intermittence à l’audience - il ne reste au bout du compte pas grand chose. Comme si, à vouloir trop bien faire, leurs mots lisses peinaient à émouvoir, dans cette enceinte, la cour d’assises, où rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, tout bien ou tout mal, mais infiniment plus complexe.

Un lieu, justement, où un aréopage de banquiers ou de financiers peut défiler et parler de l’un des plus brillants d’entre eux, à moins d’un mètre du sac poubelle en plastique noir qui renferme la combinaison en latex dans laquelle il a été tué.”