Dans cet article traitant d’un discours d’un éditorialiste néo-conservateur américain reconnu (et considéré comme capable de “développer une analyse sans se laisser aveugler par ses engagements politiques” ) à propos de la perception journalistique du monde, l’auteur de la revue en ligne Dedefensa en arrive à la conclusion partiellement citée ici. Il se réjouit que Charles Krauthammer tienne des propos qui disqualifient implicitement les idées d’objectivité et de perception Vraie - et qu’il désigne en particulier le secteur des médias, remise de récompense journalistique oblige.
Si le prisme de la lutte est certes clivant (c’est là où s’arrête l’usage du relativisme par notre auteur, qui s’inscrit dans l’idée que “l’intuition” pourrait dicter une conduite “juste” et qu’il faut donc tout faire pour la répandre puisque ce serait évidemment la “bonne” ) , il est ici pointé avec une grande acuité l’impossibilité fondamentale d’effectuer un travail d’information objectif et neutre, même en excluant les luttes d’influence. Cette impossibilité résulte du caractère humain, chacun d’entre nous percevant le monde de manière différente.
Comment, à partir de perceptions différentes, prétendre pouvoir produire des informations et analyses qui soient débarrassées de ces fondations ? Comment pouvoir refuser par principe la constatation de cette subjectivité pourtant ontologique de l’homme par les lecteurs ?