Le déclin [ndt : des exportations chinoises] est le plus fort depuis que Bloomberg enregistre ces statistiques - 1995. […] les importations ont chuté de 25.2 % le mois dernier, en comparaison de la chute 23 % en avril. En sus, la Chine continue d’augmenter les bénéfices de sa balance commerciale (de 13.1 milliards de $ en avril à 13.4 milliards en mai) ; et il n’est pas plus clair pour moi que pour Brad [ndt : un autre économiste] de comprendre comment un pays ayant une balance commerciale positive peut être en train de lancer une poussée de la demande mondiale. D’ailleurs, les statistiques de ce mois de mai, loin d’apporter la preuve d’une accélération du “rétablissement” , continuent de montrer la croissance des faiblesses de la demande mondiale, j’en veux pour preuve ce qui provient d’Allemagne et du Japon.
Bien sûr, ces sont des chiffres d’une année sur l’autre. De mois à mois, les exportations semblent s’être stabilisées depuis le début de l’année, tandis que les importations sont indubitablement en hausse.
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Ce qui compte n’est pas le fait que les importations augmentent, mais de savoir ce que sont exactement ces importations. Il y a des preuves substantielles montrant que la Chine est seulement en train d’accumuler des matières premières comme protection contre une future inflation. Ci cette image est correcte, alors la situation est intenable, comme l’est la hausse des prix et des indices des matières premières qui l’a accompagnée.
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D’un autre côté, il y a eu en mai 38.7 % d’augmentation des investissements fixes (investissements immobiliers notamment) d’une année sur l’autre.
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En fait, le volume des appartements vides dans le pays a atteint 91 millions de mètres carrés à la fin de l’année dernière, en hausse de 32.3 % par rapport à l’année d’avant selon les statistiques officielles. Mais ces nombres n’incluent ni les gros volumes de projets immobiliers terminés mais dont les propriétaires attendent que les conditions du marché s’améliorent avant de les y mettre, ni l’estimation de 587 millions de mètres carrés vendus ces cinq dernières années mais laissées vides par leurs propriétaires.
Edward Hugh sur A Fistful of Euros, 11 juin 2009
On entend ici ou là, dans la lignée des “jeunes pousses” qui annonceraient la relance et un certain retour à la normale de l’économie mondiale, que la Chine montrerait des signes clairs en faveur d’un redressement de son économie (mais aussi de l’économie mondiale) grâce à la forte hausse de sa demande intérieure.
L’auteur apporte un cinglant démenti à cette vision, en répondant au passage à des confrères économistes qui exposent précisément certaines facettes des soi-disant relances régionale et mondiale de la demande par la Chine. Je recommande aux curieux d’aller lire ce billet sur Macro Man intitulé “The China Syndrome” , et qui montre graphiques des importations de matières premières à l’appui pourquoi il semble évident que la forte hausse enregistrée de la demande chinoise ne répond à aucune logique de consommation mais plutôt à du stockage de masse (en prévision de l’inflation selon Edward Hugh) . Il montre également que le boom immobilier chinois est lui aussi largement artificiel, notamment en citant directement des sources chinoises qui témoignent de l’ampleur de ce phénomène de bulle en éclatement à propos du marché immobilier de leur pays.
Pour ce qui est de la demande mondiale, les dernières statistiques sur l’Allemagne et le Japon (soit avec la Chine les trois grands pays exportateurs mondiaux de biens) sont, comme il est écrit dans la citation, toujours aussi mauvaises, ce qu’avait pointé l’auteur dans ces deux billets il y a quelques jours : “Green Shoots In Germany and Estonia ? ” le 9 juin ; et “No “Green Shoots” Here - German And Japanese Capital Goods Output Continues Its Fall” le 10 juin.