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Bruno Waterfield, correspondant du Daily Telegraph à Bruxelles, pense quant à lui qu’“une forme unique d’étatisme du XXIe siècle a vu le jour”, qui permet d’“étendre les zones d’autorité tout en les restreignant à un monde fermé et privé de bureaucrates et de diplomates”. Concrètement, la majeure partie de la législation de l’UE est rédigée par des centaines de groupes de travail “secrets” mis en place par le Conseil de l’Union européenne. Ces institutions inconnues du public contournent les formes habituelles de devoir de justification démocratique.

Cette institutionnalisation de prises de décisions isolées entraîne inévitablement une baisse de la capacité des politiciens européens à motiver et inspirer les électeurs. L’abstention élevée n’est pas un problème de “présentation”, mais bien la conclusion logique du système européen marqué par des manœuvres politiques de coulisses. Dès lors, les dirigeants européens apparaissent davantage comme des bureaucrates que comme des leaders politiques.

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“How EU bureaucrats are destroying public life” ,
Frank Furedi sur Spiked, 10 juin 2009
, citation tirée d’une traduction de Presseurop


Si l’article original est extrêmement virulent à l’égard du fonctionnement des institutions européennes, l’auteur pointe dans ces paragraphes une cause majeure de cette forme administrative de l’Union Européenne. Une forme qui cache confortablement pour les élites nationales la nature profondément politique de ses décisions, nature qui exigerait une forme éminemment plus démocratique. Il pointera également dans son article la prééminence forte et quasi-totale de la Commission sur le Parlement, ainsi que l’inexistence visible d’une politique publique d’information sur les mandats des députés européens ou concernant les débats ayant lieu à la Commission Européenne (qui est toujours le centre de la “démocratie” européenne) .

Il est ainsi très étonnant que les rapports demandés par la Commission Européenne soient élaborés dans le secret (i.e. ils ne sont pas publics) , tout comme la liste des participants à ces rapports. Les débats présidant à la rédaction de ces rapports ne sont pas plus publics, ce qui est d’autant plus anormal qu’il est demandé dès le départ aux participants de fournir la bonne solution plutôt que de montrer les accords et les divergences politiques entre différentes solutions éventuelles. Cela supprime l’idée de choix politique beaucoup trop en amont.


J’avais traité il y a quelques semaines ce problème spécifique de la constitution des rapports pour la Commission Européenne, en partant de l’exemple du rapport européen sur la stratégie européenne en termes de logiciels informatiques ; rapport qui a fuité ces dernières semaines à plusieurs reprises et dans différentes versions, permettant de saisir la nature profondément politique des échanges entre contributeurs à ce type de rapport, et la nécessité subséquente de modifier les processus présidant à leur élaboration (le caractère public en étant un aspect majeur) : “L’Union Européenne, ou l’impossibilité de la démocratie dépolitisée…démonstration à travers l’analyse de la construction du rapport européen “Towards a European Software Strategy” “