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J’ai épuisé la métaphore, mais je vois réellement la panoplie de sources dont nous disposons à propos de l’Iran comme un service de renseignement pour les masses.

Nous avons des renseignements humains fiables - de sources sur le terrain. Nous avons des analyses, mises à disposition par des types intelligents sous forme d’aggrégateurs. Nous manquons, hum, de renseignement électronique, mais Twitter est une forme de renseignement électronique, non ? Il y a beaucoup de désinformation là-bas [sur Twitter] , alors il faut faire attention à notre jugement de l’information.

[…]

N’assumez pas. Tout le monde assume que Moussavi a réellement gagné. Mais il y a des raisons de penser que l’élection était assez serrée - et qu’Ahmadinejad pourrait être en tête (il y aussi des preuves qui semblent solides, montrant que les totaux ont certainement été gonflés artificiellement) . N’assumez pas que les Ayatollahs qui apparaissent aux manifestations soutiennent nécessairement les protestataires. N’assumez pas que Khamenei parle pour le reste du Conseil des gardiens de la Constitution. N’assumez pas que le gouvernement iranien avait un plan pour contenir les manifestations - ni qu’il a un plan pour demain, dans dix jours, ou le mois prochain.

Cherchez des sources qui vont contre vos thèses. Sortez du pays et de votre zone de confort. Regardez, par exemple, ce que les agences de presse chinoises disent des manifestations (“Les perdants des élections présidentielles iraniennes de lundi, messieurs Mir-Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi, sont apparus dans une voiture à un défilé important à Téhéran qui avait été déclaré “illégal” par les autorités, rapportent les télévisions locales”) .

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“Follow The Developments In Iran Like A CIA Analyst” ,
blog de Marc Ambinder, 15 juin 2009



Article passionnant d’un journaliste du magazine américain The Atlantic. En dehors de ma citation, Marc Ambinder explique dans son billet comment se servir avec un minimum d’efficacité de Twitter pour rechercher de l’information en direct et en particulier à détecter les sources fiables ou sur place ; mais aussi, de manière plus générale, comment appréhender un énorme flux de contenus en quasi-temps réel à propos de la situation iranienne, en appliquant un scepticisme systématique aux informations et aux sources.


Billet concomitant sur l’autre blog : Deux facettes des protestations en Iran [15 juin 2009]

Mise à jour [16 juin 2009] : un groupe de blogueurs français a fait en profondeur ce travail de vérification puis de suivi des sources iraniennes sur Twitter, permettant d’éliminer le bruit et donc d’obtenir très rapidement des informations pertinentes. Toutefois, on voit à lire leur article sur l’expérience que c’est effectivement un travail très lourd, et même s’ils estiment que l’utilisation de Twitter a permis d’atténuer la répression en accélérant la diffusion de l’information au niveau mondial, on peut se demander si l’impact des plateformes de micromessagerie n’est pas quelque peu surévalué actuellement en ce qui concerne son intérêt hors de la sphère médiatique.