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Voilà comment c’est en train de se dérouler. La Lettonie se fait emmurer pendant quelques mois via quelques milliards de prêts du FMI et de l’Union Européenne. En résultat, les pays baltes deviennent l’histoire d’hier - en attendant qu’ils reviennent sur le devant de la scène, bien sûr. Et nous avançons, comme je le craignais plus ou moins, et il est temps de se pencher à nouveau sur le Sud de l’Europe (pendant que l’Europe de l’Est se détériore suffisamment pour revenir à la une des journaux) . Je pense que les gens ne peuvent intégrer dans leurs têtes qu’un nombre limité de nouvelles.

Le systême tout entier de l’Union Européenne semble être en état de déni profond quand à ce qu’il se passe actuellement. Les marchés ont été concentrés sur l’Est, mais ils commencent maintenant à se réveiller à propos du fait que le Sud soit toujours là, et qu’en “maturant” cela donnera pour sûr une crise financière majeure. A ce point, les gouvernement grecs et espagnols vont réellement perdre le contrôle, à l’image de ceux de la Lettonie et de la Hongrie.

C’est une des raisons qui me font suivre la Lettonie de près. Ce qui se produit à l’Est est indubitablement un “essai à vide” pour ce qui va arriver au Sud. Toutes les mesures prises là-bas, de “l’austérité fiscale” comme un outil de relance, à la “dévaluation interne” par les déflations des prix et des salaires, sont au seuil d’être appliquées au Sud dans le but de restaurer la compétitivité des exportations et la croissance économique.

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Les investisseurs sont clairement en train de se rappeler que la Grèce et l’Espagne existent toujours. Je suppose que nous allons maintenant voir la crise zigzaguer au-dessus de l’Europe, du Sud vers l’Est puis inversement, pendant que l’économie réelle allemande, située au milieu, recevra des coups à chaque fois.

Au même moment, à Berlin et Francfort, ils semblent être pour l’instant principalement inquiets du niveau du déficit américain. Il est étonnant de voir ce qui fait réagir les gens.

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“Banking Problems In Europe Send The Whole World Running For Cover” ,
Edward Hugh sur A Fistful of Euros, 16 juin 2009



On retrouve dans cet article les problèmes économiques et financiers européens qui, bien qu’on n’en parle que (trop) peu, n’en ont pour autant pas disparu. Ainsi, les prêts du FMI à des pays baltes pourtant déjà très libéraux économiquement (selon des critères français) posaient par exemple comme conditions des licenciements massif ainsi qu’une réduction de plus de 40 % des salaires dans les emplois publics, accélérant drastiquement la déflation. On constate ainsi de manière tout à fait palpable comment les politiques conditionnées aux prêts du FMI purent se révéler dévastatrices dans nombre de pays ayant accepté cette “aide” …

L’Espagne et la Grêce continuent de voir tous leurs indicateurs exploser, avec notamment un taux de chômage autour de 15 % pour l’Espagne, et attirent à nouveau l’oeil des marchés. Marchés dont on se demande s’ils ne vont pas brutalement redescendre sur terre après les formidables offensives médiatiques menées ces derniers mois pour “réinstaurer la confiance” .

Nos élites politiques, elles, continuent tranquillement de ne rien voir. L’Allemagne refuse la nécessité criante de solidarité européenne depuis des mois, notamment d’aider sans conditions les pays de l’Est (et leur donner un peu plus que des piécettes et la “gouvernance” du FMI) ainsi que de permettre l’émission de bons par la BCE afin de soulager les pays de la zone euro (certes à ses dépens) . La France, elle, se repose sur son plan de relance et sur des banques qui arrivent pour l’instant assez habilement à ne pas se trouver sous le feu du doute (à l’inverse des banques allemandes, notamment) ; mais n’arrive ni à faire entendre raison à l’Allemagne ni à mettre en pratique d’une quelconque manière les dizaines de grands engagements (sur les paradis fiscaux, les salaires, les bonus, le double jeu des banques, la régulation, et j’en passe) pris par notre hyperactif président sur les scènes nationale comme internationale.