"D’une certaine façon et d’une façon un peu paradoxale, ce comportement [de Sarkozy envers les pays “amis”] installe une extrême fragilité dans la perception que les “amis” ont de l’engagement en leur faveur de Sarkozy. On peut considérer que les Russes, par exemple, ont certainement moins à se plaindre de Sarkozy par rapport à ce qu’ils en attendaient, que n’en ont les Israéliens; dans le cas russe, peut-être Sarkozy, n’ayant pas la licence de l’“amitié” hautement affirmée, mesure-t-il avec plus de circonspection ses actes et ses paroles, avec le respect de la souveraineté des autres, ce qui permet de progresser de façon beaucoup plus constructive. Le constat est alors une appréciation paradoxale du personnage: ce n’est pas du tout un avantage, dans le champ des relations internationales, d’avoir Sarkozy comme “ami”. Dans ce cas, on a surtout le cadeau d’une humeur fantasque et de l’absence de considération pour le cadre et les principes des relations internationales. Eh bien, c’est sans doute la façon de Sarkozy de perpétuer l’“exception française” ; on fait avec ce qu’on a."
— “Remaniement ministériel? Sarko va-t-il virer le ministre israélien des AE?” ,
Dedefensa, 30 juin 2009
Dedefensa, 30 juin 2009