"

L’étude confirme, en lui donnant un caractère scientifique, ce qu’expriment, depuis des années, les minorités visibles en France. Jusqu’à présent, en effet, les enquêtes réalisées s’appuyaient uniquement sur des sondages déclaratifs, sans vérification possible et avec des échantillons réduits. “L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être”, indique le rapport, rédigé par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy.

[…]

Contactée, la préfecture de police de Paris a fait part de son “intérêt” pour ces résultats. “L’étude peut apporter des enseignements, explique la commissaire Marie Lajus, porte-parole de la préfecture. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société”.

"
“La police mise en cause pour ses contrôles au faciès” , Le Monde, 30 juin 2009


La préfecture de Police de Paris, qui émettait il y a un an de cela des avis placardés dans les commissariats demandant en toutes lettres de contrôler au faciès, se moque de nous. Aux dernières nouvelles, pourtant, la loi française (qui interdit explicitement ce type de contrôles, et les contrôles d’identité doivent se faire en fonction de ce que les individus font et non pour ce qu’ils sont, justement) reste supérieure aux “paramètres empiriques incontournables” utilisés par les policiers. Mais il est vrai que c’est plus clair quand c’est la porte-parole elle-même qui nous confirme l’état de la situation.