Ce soir même, dans la désastreuse [1] émission “Droit d’inventaire” , sur France 3 :

“On pouvait bombarder les chemins de fer menant aux camps [de concentration et d’extermination] dès 1942 [2] précédé du magnifique “En tant qu’enfant de la génération ayant suivi la seconde guerre mondiale, j’ai un autre [3] point de vue que les autres sur ce plateau [anciens résistants, déportés et historiens] qui confirme une fois de plus la sentence de Deleuze présente dans le précédent billet.

Il est facile de taper sur BHL, certes…disons que son intense présence médiatique me l’a fait écouter deux fois de trop dernièrement, et que ma résistance à la production de syllogismes en série est extrêmement limitée.


On notera aussi la prestation la plus pugnace jamais vue de Marie Drucker… malheureusement aux dépens de Raymond Aubrac [ “Vous regrettez ce qui s’est passé dans le Vercors ? Ne pouviez-vous pas faire plus ? “ et quelques autres du même acabit, comme si on était en 1946 ] puis d’une ancienne déportée tardive à Auschwitz [ “Vous en vouliez aux américains de n’avoir pas plus fait quand ils sont arrivés ? “ ] . J’ose espérer qu’un jour cette pugnacité s’exercera à propos de sujets politiques plus actuels.



[1] En particulier la réutilisation malvenue, du moins pour des reportages lourds sur la seconde guerre mondiale, du même générique de section - surdramatisant au possible - que “Faites entrer l’accusé” sur France 2.

[2] Certes, les premiers témoignages datent de 1942 ; certes, il eut été possible que le bombardement des rails menant à Auschwitz ralentisse temporairement le travail d’extermination ; et certes, les populations occidentales n’étaient pour le moins pas judéophiles. Toutefois, partir de ces trois faits, puis tirer comme conclusion que les américains seraient coupables moralement de ne pas avoir sauvé en priorité les juifs, c’est il me semble se poser comme le doigt vengeur de la justice historique et rétroactive - surtout dans un contexte aussi complexe que celui de la seconde guerre mondiale. Il semble que BHL se confonde maintenant avec la girouette désignant l’antisémitisme/la culpabilité passée d’antisémitisme conscient ou pas/le soupçon d’antisémitisme dissimulé - rayer la mention inutile.

[3] Et BHL appuie suffisamment cette emphase sur lui-même pour que l’on comprenne que bien évidemment, son point de vue est le Bon, le Vrai, le seul vraiment pertinent.